J'avais fait une promesse "tu vas rire" à l'amie qui m'a accompagnée voir Authentique de et pr Clémence Baron.

Elle n'a pas été déçue, bien au contraire.


Seule en scène, Clémence Baron nous raconte sa vie et ses déboires familiaux et conjugaux.

C'est fluide et ça m'a beaucoup fait rire.

Je n'ai pas été la seule. Tout le monde ne riait pas au même moment, moi je suis souvent en décalage.

Au fur et à mesure de son aventure en confinement, les images de sa vie défilaient devant mes yeux. J'ai ris franchement quand elle imite son mari mauritanien musulman, ses deux frères trisomiques ou encore ses parents.

Clément Baron foisonne d'imagination et de talent, les journalistes comme PierPatrick de Têtes d'Aïe ArtMédia ou encore Pierre Avril de Raje l'ont interviewée, à la sortie, déjà conquis après le spectacle.

La présence du metteur en scène Laurent Storch

a été un plus dans cette joyeuse soirée.


J'ai apprécié la partie féministe du spectacle, artiste militante, je pense qu'elle l'est.


Je vous conseille de suivre cette actrice, comédienne, pleine de ressources et de talent.


Natacha Régnier-Ledieu

  

Entretien avec Clémence Baron

& Laurent Storch

Si l'on en croit le titre choisi, toute situation ressemblant à celle qui va nous être présentée ne serait pas fortuite. Sommes-nous pour autant dans du vrai, du véritable, du vécu ?


Comment de toute façon, une fiction pourrait-elle être authentique ?  Comment Clémence pourrait-elle être crédible si authentique, elle ne l'était pas ? Comment pourrait-elle ne pas être une véritable, une authentique artiste ? Famille, parents et frères, (ces derniers dans toutes leurs particularités), et mari, sont ils bien ceux qu'elle nous décrit ? Pourquoi pas ? Nous n'avons aucun mal à le croire en tout cas, tant le jeu, la présence scénique, nous les imposent comme une réalité, en toute authenticité.


Mettre en scène sa famille et son couple, autofiction ou pas, et les interpréter à elle seule, est le défi que s'est lancée Clémence Baron, jusqu'alors plus auteure de pièces de théâtre à multiples acteurs, telles Fallacia ou Accusé.e, que de one woman show, sous couvert d'une étrange période épidémique et la houlette de Laurent Storch. Et que dire ? Qu'elle n'aurait pas dû ?  Que c'est une erreur ?  Qu'être seule en scène n'est pas sa tasse de thé ?  Eh bien non! C'est tout le contraire. Clémence a vraiment trouvé sa voie ; elle est faite pour cela, c'est évident, indéniable.


Clémence Baron se produira en avant-première du Festival Off d'Avignon, dans le cadre de la 1ère édition du 'Printemps du Off', au '95, au Verbe fou' le jeudi 28 avril à 20h15. En dehors de cette famille qui n'est pas la vôtre et dans laquelle "il y a fort à parier" vous ne vous retrouverez pas, vous y découvrirez ou retrouverez une jeune femme aux yeux magnifiques, au visage rayonnant, dans des attitudes, avec des expressions, des gestes et des mimiques savamment et techniquement travaillés, des jeux de lumières encadrés parfaitement diffusés.

Tout est réglé, orchestré, musiques et danses judicieuses, élans, emportements sans excès. C'est vif, dynamique, stimulant... pas trop, juste ce qu'il faut. Un tout professionnellement dosé, ce qui n'est pas souvent le cas.

 

Authentique est une pièce dynamique aux situations cocasses dans laquelle tout ou presque prête à rire ... Et pourtant ! ...


Bravo les artistes, comédienne et metteur en scène ! Nul doute que l'énergie et l'humour de Clémence plairont et paieront, et que nous retrouverons bientôt l'actrice, non pas en haut de l'affiche, puisqu'elle y est déjà, mais sur des scènes plus spacieuses.



Catherine Giraud

  

Ce soir jeudi 28 avril, j'ai eu la chance d'assister au spectacle  "Authentique" une seule en scène avec Clémence Baron.


Au théâtre le Verbe Fou. 


Clémence  raconte, sans complexe, sans artifice et de manière authentique -  puisqu'il s agit de sa véritable histoire - certains événements de sa vie comme son mariage avec Brahim, ses relations avec  ses parents, ses frères. Ah ça pour sûr elle les aiment, ses frérots pas comme les autres et pour cause : tous deux trisomiques.


C'est elle qui a tout écrit et elle n'est pas à son premier coup d'essai même si elle n'a que 25 ans. Comme dirait Rodrigue "...aux âmes bien nées, le temps n'attend pas le nombre des années".  Elle nous parle des différences, des handicaps à sa manière qui n'est surtout pas dans le pathos. Le handicap de ses frères par exemple devient un réel avantage pour éviter les files d'attente à Dysneyland. Finalement elle m'a fait penser à Bénini dans le film la vie est belle car elle  transforme les choses graves en gag successifs qui déclenchent inmanquablement le rire. 


Elle aborde aussi des sujets comme les effets du confinement sur des jeunes mariés censés partir en voyage de noces, la place de la femme dans le couple, de préférence dans la cuisine et l'aspi à la main,  le regard porté sur  la femme agressée sexuellement côté agresseur et côté policier, la préférence sexuelle, la couleur de peau et toujours avec beaucoup d humour.


Clémence ne se prend pas au sérieux ni quand elle parle d'elle et de sa réussite inattendue au bac ni quand elle parle de sa famille et du champagne qu'on débouche, qu'on ne débouche plus ou qu'on finit par déboucher selon qu'il s'agit d une bonne ou mauvaise nouvelle et selon le point de vue où on se place, si vous voyez ce que je veux dire et les résultats des dernières élections ne me dementiront pas. 


La famille Baron, la sienne pour de vrai, ressemble parfois à la fameuse famille Groseille du film la vie est un long fleuve tranquille et c'est rafraîchissant tellement c' est nature peinture !


Outre ses talents de comédienne et son sens inné de la comédie, Clémence a su mettre sa plume au service de son Art, alors je vous invite à venir la découvrir à l' occasion de ce spectacle qui se jouera durant le Festival d'Avignon, vous ne le regretterez pas et bravo également au metteur en scène pour le rythme qu'il a su donné au spectacle car je ne me suis pas ennuyée une seule seconde !



Sylvie Reincz

  

 Pour donner le ton, nous assistons en toile de fond au jour de son mariage.Sa robe de mariée est volée par un de ses frères. Dès le début du spectacle, elle met le public en joie. Une succession de tranches de vie vont se distiller en un coktail parfaitement dosé qui active nos zygomatiques, un atout indéniable en ces temps difficiles.


Le confinement en famille dans un 50 mètres carrés, un mariage mixte Peul et de surcroît  musulman,des vannes hilarantes sur la vie de couple, des amis qui s'invitent, ses parents et surtout ses deux frères, trisomiques, drôles , taquins et tellement attachants.  Elle a un humour salvateur qui nous entraîne dans son combat quotidien   avec une bonne dose de provocation. Cela donne des scènes à la fois tragiquement drôles et drôlement tragiques où est exclu la compassion .Elle pointe du doigt ce qui déraille dans le monde  tout en finesse et malice avec de croustillantes séquences aussi concises qu'expressives.


Clémence Baron interprète ses personnages dont le sien, sans excès, avec une  grande justesse et une sincérité percutantes. Ainsi, que vous soyez ou pas concernés par la trisomie, vous assistez à un spectacle mêlant l'amour, l'humour ,l'intelligence et la tolérance.Sa gestuelle, ses mimiques puisées dans le réel sont chargées de vérités, ses dialogues aigres-doux, vifs et délicieux dans l'unique dessein d'amuser le public font mouche à tous les coups.

Clémence Baron prend ses distances face à l'handicap, montrant avec drôlerie que les trisomiques peuvent aussi être utiles et se sentir utiles en allant au parc Disney. Ils deviennent alors de bons partenaires de jeux. On voit qu'elle a puisé dans ses souvenirs familiaux pour écrire cette pièce qui est réellement un morceau d'authenticité.


C'est tonique, une galerie de personnages réjouissante avec un tonus décapant fait de ce spectacle un bon moment jubilatoire.



Fanny Inesta



À retrouver bientôt sur Reg’Arts

Authentique

de et avec Clémence Baron

Mise en scène : Laurent Storch